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Crise économique de 1929 :
- les origines de la grande crise de 1929 sont encore mal élucidées.
Le contexte économique est apparemment bon quand éclate le krach
boursier de Wall Street, le 24 octobre 1929 (jeudi noir) : 12 millions
d'actions sont vendues en un seul jour, ce qui entraîne une chute
vertigineuse de leur valeur. Mais certains économistes dénonçaient
depuis quelques années les risques d'une économie tournée vers la
spéculation (acheter et revendre des actions pour jouer sur la hausse
ou la baisse de leur prix) et nourrie par le crédit (acheter une
action en empruntant de l'argent ; la revente de l'action à un meilleur
prix permet de rembourser l'emprunt - quand l'économie est saine).
- L'effondrement boursier entraîne une crise économique sans précédent.
Les emprunteurs ne peuvent plus rembourser leurs emprunts, ils retirent
leur épargne des banques, les banques sont en difficulté, elles
ne peuvent plus participer à l'investissement industriel, les industries
sont donc frappées, elles licencient, les gens au chômage consomment
moins, donc les usines doivent produire moins encore... Le cercle
vicieux est lancé. En 1933, ¼ des Américains est au chômage. Les
sans domicile se comptent par centaines de milliers.
- La crise s'étend au reste du monde. La raison en est simple :
les économies du monde entier (celles d'Europe en premier lieu)
sont financièrement dépendantes des Etats-Unis. Or les banques américaines
qui avaient prêté des capitaux aux Européens cherchent à rapatrier
ces fonds à cause de la crise en Amérique. L'Autriche, l'Allemagne,
l'Europe centrale, la Grande-Bretagne sont successivement touchées.
La France l'est plus tardivement parce que son économie dépend moins
des prêts américains. Seule l'URSS, avec son système communiste
qui fonctionne de manière autonome, reste à l'écart du phénomène.
Bientôt, le monde compte plus de 30 millions de chômeurs.
- Les réponses à la crise sont diverses. Après l'échec des stratégies
classiques (équilibrer le budget de l'Etat, maintenir une monnaie
forte, baisser les salaires pour réduire le prix des produits...),
les gouvernements privilégient une autre politique, marquée par
une intervention accrue de l'Etat. Le New Deal (" nouvelle donne
") du président américain Roosevelt vise à partir de 1933 à relancer
l'économie par des investissements publics (construire des routes
ou des barrages pour réduire le chômage), par l'augmentation du
pouvoir d'achat des ménages, par des aides aux plus démunis. Les
gouvernements espèrent qu'en relançant la demande, ils pourront
relancer la production. Cette politique est inspirée de la théorie
de l'économiste britannique John Maynard Keynes. D'autres pays préfèrent
se replier sur eux-mêmes (autarcie), à l'image de l'Allemagne où
Hitler lance à partir de 1933 de grands chantiers de réarmement.
A tous points de vue, le bilan de la crise de 1929 est lourd. Les
économies connaissent une certaine reprise au milieu des années
trente, mais le niveau d'avant crise n'est pas encore rattrapé en
1939. Sur le plan international, les tensions entre pays sont accrues.
Le fascisme et le nazisme trouvent dans les malheurs de la crise
un terrain propice à leur expansion.
Régime de type fasciste : mis en place en Italie par Mussolini
à partir de 1926, le régime fasciste se caractérise par plusieurs éléments
: - un parti unique : les Faisceaux de combat, créés par Mussolini en
1919, qui deviennent le Parti national fasciste en 1921, - un chef auquel
est voué un véritable culte : " Mussolini a toujours raison ", explique
la propagande… - une société encadrée par l'Etat : embrigadement des jeunes,
contrôle par l'Etat de l'économie, des loisirs…, - une politique autoritaire
: arrestation voire assassinat des opposants, répression policière, interdiction
des partis antifascistes… - l'exaltation de la nation : l'Italie revendique
les terres dont elle s'estime lésé par les traités de paix de la Première
Guerre, se replie sur elle-même, développe une économie fonctionnant en
autarcie, exalte son histoire et son passé romain, tente de mener une
politique coloniale d'envergure.
Front Populaire : la France des années 1930 est menacée par la
montée des partis d'extrême-droite. Face à ce péril, les socialistes,
les communistes et les radicaux signent en 1935 un accord électoral appelé
" Front populaire ". Ce mouvement remporte les élections en mai 1936 et
c'est Léon Blum, chef des socialistes de la SFIO, qui devient président
du Conseil. Ce succès est largement fêté par les ouvriers, qui déclenchent
bientôt une grève générale pour obtenir l'amélioration de leurs conditions
de vie. Le 8 juin 1936, les accords de Matignon leur accordent les droits
suivants :
- augmentation des salaires
- semaine de travail de 40 heures
- deux semaines de congés payés
Malgré l'euphorie suscitée par ces mesures, le Front Populaire s'affaiblit
au fil des mois, critiqué de l'extérieur par les patrons, déchiré de l'intérieur
entre les différentes tendances politiques qui le composent. En juin 1937,
Léon Blum doit démissionner.
Agressions de l'Allemagne hitlerienne vis-à-vis des pays voisins
:
- 12-13 mars 1938 : annexion de l'Autriche
- septembre 1938 : Hitler revendique et obtient les Sudètes (Tchécoslovaquie),
avec l'accord de la France et du Royaume-Uni lors de la conférence de
Munich.
- 14-16 mars 1939 : invasion de la Tchécoslovaquie
- 1er septembre 1939 : invasion de la Pologne
Les Sudètes : c'est une région située à l'ouest de la Tchécoslovaquie
et peuplée de trois millions d'Allemands. Hitler, à ce titre, la revendique
comme partie intégrante de l'Allemagne, dans la perspective du " Grand
Reich ". En septembre 1938, au cours d'une conférence à Munich où sont
présents le Premier ministre anglais - Chamberlain - et le Président du
Conseil français - Daladier -, Hitler obtient que lui soient livrées les
Sudètes. Ces accords de Munich, signés par la France et le Royaume-Uni
dans l'espoir de préserver la paix, suscitent un vif émoi en Europe. Les
espoirs des signataires s'envolent d'ailleurs rapidement : en mars 1939,
les Allemands envahissent le reste de la Tchécoslovaquie…
Camps de concentration : les camps de concentration apparaissent
en Union soviétique et en Allemagne dans les années 1930. En URSS, l'univers
concentrationnaire, appelé le " Goulag " (Direction générale des camps),
se compose de camps situés le plus souvent en Sibérie. Les détenus y sont
soumis aux travaux forcés, dans le but de favoriser leur " rééducation
". Entre 1932 et 1940, six millions de personnes - opposants politiques,
personnes gênantes - sont passées par ces camps où la mortalité est très
élevée.
L'Allemagne nazie met elle aussi en place un système concentrationnaire
: en novembre 1933 ouvre le premier camp de concentration, celui de Dachau
(autres camps : Bergen-Belsen, Ravensbrück, Buchenwald…) Y sont envoyés,
jusqu'en 1939, les opposants politiques, notamment les communistes (150
000 de 1933 à 1939). Les détenus sont soumis aux travaux forcés et subissent
tortures ou exécutions sommaires.
Camps d'extermination : propres à l'Allemagne nazie, les camps
d'extermination apparaissent en 1940 - le premier est celui d'Auschwitz,
ouvert en décembre 1940, qui accueille bientôt 100 000 détenus. Suivront
les camps de Treblinka, Chelmno, Sobibor, Maïdanek, Belzec, tous situés
sur le territoire polonais conquis par les Allemands.
Le rôle de ces camps est l'élimination systématique des ennemis de la
race aryenne, c'est-à-dire les Juifs, les tziganes, les homosexuels, les
handicapés, mais aussi des opposants politiques. Pour parvenir à cette
élimination systématique, Hitler et Heydrich mettent au point la " solution
finale " : une organisation logistique très rigoureuse permet de rafler
les victimes, de les acheminer par train vers les camps, de séparer les
hommes valides des femmes, enfants et vieillards qui seront exterminés.
Les biens des prisonniers sont également triés et confisqués par l'administration
des camps.
Pour parvenir à tuer quotidiennement plus de 10 000 personnes, chaque
camp s'équipe à partir de 1941 de chambres à gaz où les victimes sont
tuées par un insecticide, le zyklon B. Les corps, trop nombreux pour être
enterrés, sont brûlés dans des fours crématoires. On estime à 10 millions
les victimes des camps d'extermination nazis.
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