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Rappel : En guerre contre l'Allemagne depuis le 1er septembre 1939,
la France est envahie par les troupes hitlériennes le 10 mai 1940.
Ecrasées, les troupes françaises ne peuvent freiner l'avance des
Allemands. Le 14 juin, ces derniers sont à Paris. Réfugié à Bordeaux,
le gouvernement français se dote le 16 juin d'un nouveau chef, le
maréchal Pétain, qui proclame l'armistice puis choisit une politique
de collaboration avec le IIIe Reich. Mais certains civils et militaires
refusent ces choix et entrent en résistance...
L'acte de naissance de la résistance est l'Appel lancé sur les
ondes de la BBC le 18 juin 1940 par le général de Gaulle, qui a quitté
la France pour poursuivre la guerre à Londres. Refusant la défaite militaire,
cet officier encore inconnu appelle tous les Français, militaires ou civils,
de métropole ou d'outre-mer, à le rejoindre pour poursuivre la lutte.
Cette Résistance extérieure est longtemps isolée. Soutenue bon
gré mal gré par le Premier ministre britannique Winston Churchill, elle
n'a pas l'appui des Etats-Unis. De Gaulle est confronté à un problème
de légitimité : il n'a pas été élu par le peuple, ni désigné par les institutions.
Pourtant, la résistance extérieure réussit à augmenter ses effectifs et
à se doter de structures solides :
- une ébauche de gouvernement, le CFLN (Comité français de libération
nationale) qui devient GPRF (Gouvernement provisoire de la République
française) en 1944.
- Une armée : les FFL (Forces françaises libres) qui participent à de
nombreux combats au cours de la Seconde guerre.
Simultanément, en France métropolitaine, une résistance intérieure
se met en place. Née de l'hostilité suscitée par la présence de l'occupant,
cette résistance est très hétérogène. En zone occupée, des mouvements
comme Libération Nord, Organisation civile et militaire, Ceux de la résistance,
Francs-tireurs et Partisans, regroupent les Français hostiles à la collaboration.
En zone libre, Combat, Franc-Tireur, Libération etc., multiplie les actions
et cachent des opposants dans les maquis.
Charles de Gaulle est rapidement convaincu de la nécessité d'unifier
ces différents mouvements, qui appartiennent à des camps politiques
distincts. Dans cet objectif, en 1942, il envoie Jean Moulin en France.
Ce dernier réussit à unifier la Résistance en 1943 en créant le Conseil
national de la Résistance (CNR), qui inspirera les réformes de la France
d'après-guerre. Les formations militaires des différents mouvements de
résistance sont regroupées dans les FFI (Forces françaises de l'intérieur).
La libération du territoire est menée grâce à l'action conjointe
des Alliés et de la Résistance. Les FFI et les FFL libèrent la Corse en
1943. Ils participent également à la reconquête de la métropole, comme
à Paris, où les FFI déclenchent l'insurrection en août 1944 avant l'arrivée
de la 2e D.B. commandée par le général Leclerc. Les résistants auront
une part prépondérante dans la reconstruction politique et économique
de la France. Les orientations établies dès 1944 par le CNR inspireront
en grande partie les réformes de l'après-guerre (restauration de la démocratie,
nationalisation des grands moyens de production, création de la sécurité
sociale...)
Armée de la Résistance extérieure : de Gaulle dote la Résistance
extérieure d'une armée, les FFL - Forces françaises libres. Les FFL s'illustrent
dans de nombreux combats derrière Koenig à Bir Hakeim (1942), derrière
Leclerc à Koufra (1941), puis lors de la libération de Paris, de Strasbourg…
Emblème de la Résistance : la Croix de Lorraine. Emblème des ducs
d'Anjou devenus ducs de Lorraine depuis 1473, la croix de Lorraine devient
en juillet 1940 l'emblème de la France libre. Cette croix a pour objectif
de lutter contre la croix gammée adoptée par les nazis.
Mouvements de Résistance, en zone sud : Combat, Libération, Franc-tireur,
Front national de lutte pour l'indépendance de la France (communiste).
Mouvements de Résistance, en zone nord : Libération-nord, Défense
de la France, Ceux de la résistance (CDLR), Ceux de la Libération (CDLL),
Organisation civile et militaire (OCM), Front national de lutte pour l'indépendance
de la France (communiste).
Règlements de compte : à la Libération, 8 000 à 9 000 personnes
sont exécutées sommairement comme collaborateurs, tandis que des milliers
de femmes, accusées d'avoir eu des relations avec les Allemands, sont
tondues. Ces débordements sont rapidement canalisés et la justice reprend
ses droits, permettant à l'épuration de s'effectuer de façon légale. Une
Haute Cour de justice est créée en novembre 1944 pour juger les principaux
hommes politiques de Vichy. Pétain, Laval et Darnand sont condamnés à
mort. Le premier est grâcié, mais les deux autres sont exécutés.
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