| Le 1er janvier 1960, sous l'impulsion de De Gaulle,
le ministre des Finances Antoine Pinay et l'économiste Jacques Rueff
remplacent " l'ancien franc " par le " nouveau franc ".
Quelle est la base de l'échange ?
1 nouveau franc = 100 anciens francs. Désormais, le litre d'essence
coûte 1 franc au lieu de coûter 100 francs, le kilo de pain passe
de 60 francs à 60 centimes.
Pourquoi cette mesure qui perturbe les habitudes quotidiennes des
Français ?
Il s'agit de renforcer le franc, affaibli par l'inflation et les
dépenses des guerres d'Indochine et d'Algérie. Il faut aussi, selon
de Gaulle, rendre " au vieux franc français une substance conforme
au respect qui lui est dû ".
Quelle devient la position du franc par rapport aux autres monnaies
?
Le taux de 1 franc pour 1 Mark ou 1 franc suisse est presque atteint.
Comment s'est déroulé concrètement le changement de monnaie ?
Les Français ont pu changer leurs anciens francs contre des nouveaux
francs dans les banques. Les erreurs ont été peu nombreuses : le
1er janvier 1960, on relevait 60% d'erreurs de libellé sur les mandats
(chèques), mais dès la semaine suivante seuls 20% des mandats étaient
encore rédigés en anciens francs.
Et 41 ans après, la réforme est-elle définitivement entrée dans
les mœurs ?
Oui, mais beaucoup de Français, notamment les plus âgés, comptent
encore en anciens francs, surtout pour les montants élevés.
Cette difficulté à s'adapter au changement doit être
soulignée, à la veille du passage à l'Euro…
Renseignements extraits de J. Marseille, " Du
franc à l'euro ", L'Histoire n° 228, janvier 1999, pp. 56-66. |