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Discours prononcé à Brazzaville, 30 janvier 1944 :
" […] En Afrique française, comme dans tous les autres
territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n'y aurait aucun
progrès qui soit un progrès, si les hommes, sur leur terre natale, n'en
profitaient pas moralement et matériellement, s'ils ne pouvaient s'élever
peu à peu jusqu'au niveau où ils seront capables de participer chez eux
à la gestion de leurs propres affaires. C'est le devoir de la France de
faire en sorte qu'il en soit ainsi. "
Recommandations de la conférence de Brazzaville, 6
février 1944 :
" Les fins de l'œuvre de civilisation accomplie
par la France dans les colonies écartent toute idée d'autonomie,
toute possibilité d'évolution hors du bloc français de l'Empire
; la constitution éventuelle, même lointaine, de self-governments
dans les colonies est à écarter.
(…) On veut aussi que les colonies jouissent d'une grande liberté
administrative et économique. On veut également que les peuples
coloniaux éprouvent par eux-mêmes cette liberté et que leur responsabilité
soit peu à peu formée et élevée afin qu'ils se trouvent associés
à la gestion de la chose publique dans leur pays ".
En 1959, le général de Gaulle propose trois voies
pour l'avenir de l'Algérie. Il reconnaît ainsi aux Algériens le
droit à l'autodétermination.
Allocution radio-télévisée du 16 septembre 1959 :
" Je considère comme nécessaire que ce
recours à l'autodétermination soit dès aujourd'hui proclamé (…).
Le destin politique qu'Algériennes et Algériens auront à choisir
dans la paix, quel peut-il être ? (…)
Ou bien : la sécession, où certains croient trouver l'indépendance.
La France quitterait alors les Algériens qui exprimeraient la volonté
de se séparer d'elle.
Ou bien : La francisation complète, telle qu'elle est impliquée
dans l'égalité des droits (…). Ou bien : le gouvernement des Algériens
par les Algériens, appuyé sur l'aide de la France et en union avec
elle pour l'économie, l'enseignement, la défense, les relations
extérieures. "
Après les indépendances, de Gaulle souhaite que les
anciennes colonies conservent des liens avec la France. Conférence de
presse du 5 septembre 1960 :
" Je crois que c'est à partir de l'œuvre déjà accomplie
chez eux, par les colonisateurs, que les peuples qui s'affranchissent
ont tout intérêt à entreprendre leur propre développement.
Je considère comme absurde et comme ruineuse une
tendance qui consisterait (…) pour eux à marquer leur nouvel essor
par la rupture des liens les unissant avec les pays qui les ont
précédés dans une civilisation et notamment avec ceux qui la leur
ont ouverte. C'est ce que je crois en particulier (…) pour ceux
des Etats qui sont venus de l'Union
française. C'est un fait qu'il s'est établi entre eux et nous
(…) des liens qu'il serait lamentable de voir briser dans le processus
nouveau où ils sont maintenant engagés. Autrement dit, est-ce
que les nouvelles souverainetés (…) doivent être acquises et exercées
contre l'ancien colonisateur, en le maudissant par surcroît, ou
bien, au contraire, en accord amical avec lui et en usant de son
concours ?
La réponse me paraît être commandée par le bon sens. "
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