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Le Fil de l'épée, 1932 :
" On ne fait rien de grand sans de grands hommes. Et
ceux-ci le sont pour l'avoir voulu. "
Le Fil de l'épée, 1932 :
" Face à l'événement, c'est à soi-même que recourt l'homme
de caractère. "
Appel du 18 juin 1940 :
Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la
tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement,
alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi
pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la
force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les
avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars,
les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point
de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle
disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause
et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui
nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France
n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a
un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique
qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre,
utiliser sans limites l'immense industrie des Etats-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux
de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France.
Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards,
toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous
les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui
par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force
mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite
les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique
ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes,
j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement
qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver,
à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française
ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de
Londres.
Général de Gaulle
La Libération de Paris. Discours du 25 août 1944 :
" Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions
l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici
chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire
de ses mains ? Non, nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde
et sacrée. Il y a des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres
vies. Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais
Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le
concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de
la seule France. "
Les événements d'Alger et le retour au pouvoir, mai
1958. Communiqué de De Gaulle, 15 mai 1958 :
" Aujourd'hui, devant les épreuves qui montent de nouveau
vers lui, que le pays sache que je me tiens prêt à assumer les pouvoirs
de la République. "
Le retour au pouvoir. Conférence de presse au palais
d'Orsay, 19 mai 1958 :
" Ce qu'il se passe en ce moment en Algérie par rapport
à la métropole et dans la métropole par rapport à l'Algérie peut conduire
à une crise extrêmement grave. Mais aussi ce peut être le début d'une
espèce de résurrection. Voilà pourquoi le moment m'a semblé venu où il
pourrait m'être possible d'être utile, encore une fois, directement à
la France ".
Gérer la crise algérienne de mai 1958. Communiqué
à la presse, 27 mai 1958 :
" J'ai entamé hier le processus régulier
nécessaire à l'établissement d'un gouvernement républicain capable
d'assurer l'unité et l'indépendance du pays. Je compte que ce processus
va se poursuivre et que le pays fera voir, par son calme et sa dignité,
qu'il souhaite le voir aboutir.
Dans ces conditions, toute action, de quelque côté qu'elle vienne, qui
met en cause l'ordre public, risque d'avoir de graves conséquences. Tout
en faisant la part des circonstances, je ne saurais l'approuver.
J'attends des forces terrestres, navales et aériennes présentes
en Algérie qu'elles demeurent exemplaires sous les ordres de leurs
chefs.
A ces chefs j'exprime ma confiance et mon intention de
prendre incessamment contact avec eux. "
De Gaulle demande les pleins pouvoirs, 1er juin 1958.
Discours à l'Assemblée nationale :
" La France se trouve menacée de dislocation et, peut-être,
de guerre civile. C'est dans ces conditions que je me suis proposé pour
tenter de conduire une fois de plus au salut le pays, l'Etat, la République.
Mon gouvernement vous demandera les pleins pouvoirs pour six mois. La
cause de cet état de choses désastreux, c'est la confusion et l'impuissance
des pouvoirs. Avec l'accord de l'Assemblée, le gouvernement proposera
au pays par référendum les changements indispensables ".
De Gaulle condamne la tentative de putsch des généraux
à Alger. Allocution, 22 avril 1961 :
" Un pouvoir insurrectionnel s'est établi en Algérie
par un pronunciamiento militaire… Ce pouvoir a une apparence : un quarteron
de généraux en retraite. "
Condamnation de l'intervention américaine au Vietnam.
Allocution prononcée à Phnom-Penh, le 1er septembre 1966 :
" La France considère que les combats qui
ravagent l'Indochine n'apportent aucune issue. Suivant
elle, s'il est invraisemblable que l'appareil guerrier américain
vienne à être anéanti sur place, il n'y a, d'autre part, aucune
chance pour que les peuples de l'Asie se soumettent à la loi de
l'étranger venu de l'autre rive du Pacifique, quelles que puissent
être ses intentions et si puissantes que soient ses armes. Bref,
pour longue et dure que doive être l'épreuve, la France tient pour
certain qu'elle n'aura pas de solution militaire. "
Discours à Montréal, août 1967 :
" Vive Montréal, vive le Québec, vive le
Québec libre, vive le Canada français, vive la France ! "
Sortir de la crise de mai 1968. Discours du général
de Gaulle à la radio, 30 mai 1968 :
" Françaises, Français,
Etant le détenteur de la légitimité nationale et
républicaine, j'ai envisagé, depuis vingt-quatre heures, toutes
les éventualités, sans exception, qui me permettraient de la maintenir.
J'ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes,
je ne me retirerai pas. J'ai un mandat du peuple, je le remplirai.
Je ne changerai pas le Premier ministre (…). Je dissous aujourd'hui
l'Assemblée nationale. (…) Quant aux élections législatives, elles
auront lieu dans les délais prévus par la Constitution, à moins
qu'on entende bâillonner le peuple français tout entier, en l'empêchant
de s'exprimer en même temps qu'on l'empêche de vivre, par les mêmes
moyens qu'on empêche les étudiants d'étudier, les enseignants d'enseigner,
les travailleurs de travailler. Ces moyens, ce sont l'intimidation,
l'intoxication et la tyrannie exercée par des groupes organisés
de longue date en conséquence et par un parti qui est une entreprise
totalitaire, même s'il a déjà des rivaux à cet égard. (…)
Non ! La République n'abdiquera pas.
Le peuple se ressaisira. Le progrès, l'indépendance et la paix l'emporteront
avec la liberté.
Vive la République ! Vive la France ! "
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