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1946-1958 : de
Gaulle dans l'opposition
Le Général prend la parole à Bayeux,
le 16 juin 1946. Dans son discours, il expose un véritable projet
constitutionnel avec un exécutif
fort, une séparation claire des pouvoirs, germe de ce que sera la Constitution
de la Ve République. Mais il n'est pas écouté, puisqu'en octobre les électeurs
approuvent le texte qui devient la
Constitution de la IVe République et qui donne un poids important
au pouvoir législatif.
Dès lors, de Gaulle entre dans l'opposition. En 1947, il
lance un mouvement, le Rassemblement
du peuple français (RPF), qui compte rapidement de très nombreuses
adhésions. Son but est de lutter contre le poids excessif des partis et
de favoriser une réforme constitutionnelle. Malgré ses premiers succès
électoraux, le RPF connaît un déclin lors des scrutins suivants. De Gaulle
décide alors de le mettre progressivement en sommeil à partir de 1953.
Commence alors, pour plusieurs années, " la traversée du
désert " : de Gaulle se retire à Colombey-les-Deux-Églises, rédige
ses mémoires, voyage un peu. Sa vie publique est nettement ralentie,
mais il reste très attentif aux événements.
Mai-décembre 1958 : de Gaulle, le recours
La IVe République dérive vers une crise grave à cause de son instabilité
ministérielle et de son impuissance face à la
guerre d'Algérie qui a éclaté le 1er novembre 1954. Certains responsables
politiques en viennent à souhaiter le retour du Général.
Or le 13 mai 1958, un comité de vigilance, composé de Français d'Algérie,
appelle à manifester contre le FLN à Alger. Un comité de salut public
est créé, à la tête duquel se trouve le général Salan. Celui-ci lance
un appel au général de Gaulle le 15 mai. Le 19, le Général se dit " prêt
à assumer les pouvoirs de la République ". Le processus est lancé.
Le 29 mai, le président de la République, René
Coty, fait appel "au plus illustre des Français". Le 1er juin, le
général de Gaulle devient ainsi le dernier président du Conseil de la
IVe République. Il reçoit des députés les pleins pouvoirs et oeuvre
pendant l'été 1958 à la
rédaction d'une nouvelle Constitution, qui s'avère très proche des
propositions avancées à Bayeux
(exécutif
fort).
Les Français approuvent cette Constitution
par référendum
le 28 septembre 1958, avec 79,2% de "oui". L'Empire l'approuve également,
sauf la Guinée qui devient ainsi le premier Etat d'Afrique à obtenir son
indépendance.
Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle est élu président de la République
française au suffrage
universel indirect.
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