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Mai 1968-1969
: les dernières années de pouvoir
A la fin des années 1960, la France bénéficie d'une forte croissance économique
dans le contexte des "Trente
Glorieuses". Mais le pays "s'ennuie" et les événements de mai 1968
en sont le révélateur. Comme dans de nombreux pays, la contestation commence
dans les milieux étudiants à partir de mars 1968. Les syndicats et les
partis politiques de gauche profitent de ce contexte agité pour lancer
une grève générale qui sera suivie par les ouvriers. Cette grève générale
paralyse le pouvoir pendant le mois de mai, provoquant une crise sévère
qui ébranle le pouvoir.
Pour le Général, l'État doit rétablir l'ordre contre "la
chienlit", le désordre, la menace du totalitarisme. Les
accords de Grenelle passés entre le gouvernement, les représentants
des syndicats et du patronat aboutissent à des mesures classiques mais
ne calment pas le jeu. La disparition soudaine et inexpliquée de De Gaulle,
le 29 mai, accentue les doutes du pays. Où est passé le Président ? En
réalité, il s'est rendu à Baden Baden rencontrer le général Massu. L'éloignement
lui permet de prendre le recul nécessaire pour sortir de la crise. Dès
son retour à Paris le 30 mai, son allocution radiodiffusée a le ton de
la fermeté. Elle est suivie d'une immense manifestation organisée par
les gaullistes sur les Champs-Élysées. De Gaulle dissout l'Assemblée nationale.
La reprise du travail se fait progressivement, mais les relations entre
de Gaulle et le peuple français ne seront plus les mêmes.
Le 27 avril 1969, de Gaulle soumet aux Français un projet
sur la régionalisation
et la réforme du sénat. Sa proposition est rejetée par référendum par
52,4% des voix. Fidèle à sa promesse et respectueux du peuple souverain,
de Gaulle démissionne : à minuit dix, un communiqué annonce : " Je cesse
d'exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision
prend effet aujourd'hui à midi. "
1969-1970 : la retraite
Charles de Gaulle se retire à Colombey-les-Deux-Églises, s'abstient de
toute prise de position publique, reçoit quelques fidèles et poursuit
l'écriture de ses Mémoires.
Seul le premier volume des Mémoires d'Espoir est achevé lorsqu'il meurt,
le 9 novembre 1970.
Conformément à son testament, de Gaulle ne reçoit pas de funérailles nationale.
A Colombey-les-Deux-Eglises, sa dépouille est transportée sur un engin
blindé dans la petite église, en présence de sa famille, des Compagnons
de la Libération et des habitants de son village. Il est enterré au cimetière
auprès de sa fille Anne, avec une simple inscription sur sa tombe, "Charles
de Gaulle 1890-1970". Le 12 novembre, à Notre-Dame de Paris a lieu une
cérémonie officielle avec les autorités de l'État et les personnalités
étrangères.
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