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Tandis que le capitaine de Gaulle est libéré après l'armistice
du 11 novembre 1918, la paix s'installe en France. Mais les bouleversements
provoqués par la guerre pèsent lourd sur l'avenir de l'Europe, comme
de Gaulle le pressent lui-même.
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"Peut-être sommes-nous plongés dans la nuit qui précède l'aurore
d'un monde nouveau. Cependant il faut vivre, et il est bien probable
que pour vivre, il faudra quelque jour combattre, c'est-à-dire affronter
les armes de l'ennemi et lui faire sentir la vigueur des nôtres.
Pour ma aprt, je ne renonce pas à m'y préparer."
Charles de Gaulle, lettre à son ami Lucien Nachin
en 1925
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La carte de l'Europe est profondément modifiée : les
grands empires autoritaires sont démantelés et de nouveaux Etats sont
créés à partir de leurs ruines. Pour protéger la paix, un organisme international
est créé : c'est la Société des Nations (SDN).
Ces créations ne suffisent pourtant pas à préserver
l'ordre en Europe. Le continent est soulevé, au début des années 1920,
par plusieurs révolutions inspirées du modèle de la Russie soviétique.
La Tchécoslovaquie, la Hongrie et surtout l'Allemagne s'embrasent. Toutes
ces tentatives de prise de pouvoir par les ouvriers sont écrasées dans
le sang.
En outre, nombreux sont les pays insatisfaits
de leurs nouvelles frontières. Les minorités nationales se sentent
brimées dans les Etats nouvellement créés. L'Allemagne ne peut supporter
le "Diktat" de Versailles, l'Italie s'estime lésée. Dans ce pays,
les mouvements contestataires se multiplient, favorisant l'arrivée
au pouvoir en 1922 de Benito Mussolini. Celui-ci met en place
un
régime de type fasciste qui sert de modèle à l'extrême-droite
européenne.
La
crise économique de 1929 vient accroître le désespoir des populations
et permet à certains mouvements extrémistes d'affirmer leurs positions.
A l'intérieur des Etats, la vie politique se durcit. En France,
les espoirs suscités par la fin de la guerre ne subsistent pas longtemps
et la désillusion s'installe. L'instabilité ministérielle et les
scandales politico-financiers amènent certains Français à douter
de leur démocratie. Les mouvements d'extrême-droite se développent
et organisent des manifestations parfois violentes, comme le
6 février 1934. En réponse à cette menace, les partis de gauche
se regroupent dans un " Front
Populaire " qui est au pouvoir en 1936-1937. L'opposition
d'une partie du pays à sa politique, notamment sur le plan économique,
met un terme à cette expérience.
En Allemagne, Adolf
Hitler arrive au pouvoir en janvier 1933. La politique de
son parti national-socialiste (nazi) consiste à doter les Allemands
d'un espace vital aux dépends des autres populations, considérées
comme inférieures. La France, " ennemi mortel " de l'Allemagne,
doit être " étranglée ". Manipulant la haine raciale et l'antisémitisme,
prônant le strict encadrement de l'individu par l'Etat, Hitler multiplie
les agressions vis-à-vis des pays voisins, sans que la SDN réagisse.
En Espagne, la victoire électorale en 1936 du Frente
Popular, regroupant les partis de gauche, provoque le soulèvement
de l'armée, bientôt dirigé par Franco. Une guerre civile sanglante
éclate, dans laquelle aucune démocratie ne souhaite intervenir officiellement.
Hitler et Mussolini apportent en revanche leur soutien logistique
à Franco. La victoire des troupes franquistes en 1939 met un terme
à l'expérience démocratique en Espagne.
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