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Alors que Charles de Gaulle lance sur les ondes de la BBC son fameux
Appel
du 18 juin appelant les Français à poursuivre le combat contre
les Allemands, le nouveau gouvernement Pétain
(appelé aussi gouvernement de Vichy car il siège dans la ville de
Vichy) s'apprête à signer un armistice
avec le Reich…
Le régime de Vichy
Après la démission de Paul Reynaud, le maréchal Pétain
arrive au pouvoir. Ayant appelé les Français à se soumettre à la
victoire nazie (appel du 17 juin 1940), il signe le 22 juin à Rethondes
un armistice avec l'Allemagne. Vaincue par les Allemands, la France
est divisée en deux par une ligne
de démarcation au nord de laquelle s'installe l'occupation
allemande.
Le gouvernement mis en place par Pétain se caractérise
par son style autoritaire : Pétain obtient les pleins pouvoirs,
devient chef de " l'Etat français " et met en place un culte de
la personnalité entretenu par la propagande. Les partis et les syndicats
sont suspendus, la presse censurée. Avec les chefs successifs de
son gouvernement, Pétain cherche à faire appliquer sa doctrine :
" Travail, famille, patrie ". Le modèle de société qu'il propose
est fondé sur la discipline, l'autorité, la famille, l'Eglise et
l'encadrement de la population. La démocratie et l'égalité sont
bafouées. Le caractère policier du régime de Vichy s'affirme au
fil du temps : la Milice
traque les résistants.
Le régime de Vichy affiche très tôt son caractère
antisémite
: plusieurs
lois amènent à l'exclusion des Juifs de la société française
puis à leur déportation.
Le gouvernement de Vichy s'illustre enfin par sa politique
de collaboration avec l'Allemagne, qui va souvent plus loin
que les exigences formulées par l'occupant. En 1943, le Service
du travail obligatoire
(STO) oblige des millions de jeunes à aller travailler en Allemagne.
Les policiers de l'Etat français organisent des rafles de Juifs.
Le régime de Vichy s'occupe de leur déportation vers les camps allemands.
Par conséquent, il est complice dans la réalisation de la " Solution
finale ".
La vie en France pendant la Seconde Guerre
Les conditions de vie de la majorité de la population
sont difficiles. Beaucoup de familles sont marquées par l'absence
d'un proche, fait prisonnier au cours de l'offensive allemande ou, plus
tard, envoyé en Allemagne pour le STO. Les habitants des régions
voisines de l'Allemagne ont souvent quitté leur domicile en voyant arriver
les chars nazis, suivant l'exode des populations vers le sud.
Pour ceux qui ont pu rester chez eux, l'existence est
marquée par la pénurie : les prélèvements effectués par l'Allemagne sur
l'économie française et le ralentissement des échanges à cause de la guerre
provoquent une baisse de la production. Les Français manquent de denrées
alimentaires, mais aussi de cuir, de papier, de charbon. Les achats se
font désormais avec des cartes de rationnement. Le quotidien est marqué
par l'attente devant les magasins, par la réduction des rations caloriques
et par le marché noir.
En outre, le caractère policier du régime de Vichy,
la présence de la Gestapo
et des militaires allemands sur le territoire limitent les libertés
des Français. La propagande est intense, les seuls journaux
autorisés sont ceux qui sont favorables au gouvernement.
Parmi la population, certaines catégories subissent plus
encore la dureté des années de guerre. Les Juifs, exclus dès 1940 de
certains métiers puis de certains lieux, soumis au port de l'étoile jaune
à partir de 1942, sont bientôt victimes de rafles et envoyés en déportation.
La Résistance
Une minorité de Français refuse les conditions
imposées par Vichy et entre en résistance contre ce régime et contre
l'occupation allemande. L'acte de naissance de la Résistance
est l'appel
lancé le 18 juin 1940 par le général de Gaulle. Autour de
lui se construit peu à peu une
résistance dite " extérieure ", car elle se forme en dehors
de la métropole, autour d'un gouvernement
provisoire en exil. Elle se dote d'une armée et d'un emblème.
Elle bénéficie du soutien parfois hésitant des Alliés et de celui
de certaines colonies françaises, et participe à de nombreux combats
en Afrique du Nord, Italie, France…
Parallèlement se développe une résistance
dite " intérieure ", car située sur le sol même de la métropole
française. Là, répondant à l'appel de De Gaulle ou à leur propre
conscience, des Français entrent en lutte clandestine contre les
Allemands. Ces hommes et ces femmes se regroupent dans des mouvements,
en zone sud et nord, pour braver la censure, écouter la BBC,
diffuser des informations clandestinement, saboter les voies de
communication utilisées par les Allemands, perpétrer des attentats
contre l'occupant. Traqués par la Milice
et par la Gestapo,
30 000 résistants sont fusillés au cours de la guerre, et 60 000
déportés.
Au cours de la Guerre, Charles de Gaulle œuvre
au rapprochement de la résistance extérieure et de la résistance
intérieure. Il confie à Jean
Moulin le soin de cette unification. C'est chose faite en mai
1943 avec la création du Conseil
national de la Résistance, qui participe activement à la Libération.
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