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La France de 1945 appartient au camp des vainqueurs grâce à l'action
de la Résistance.
Pourtant, c'est un pays fragilisé : aux 635 000 victimes
de la guerre s'ajoutent d'importantes destructions matérielles
et une économie déstabilisée (la monnaie a perdu beaucoup de
sa valeur, les tickets de rationnement sont en vigueur jusqu'en
1947). Le peuple français est divisé : les antagonismes entre résistants
et collaborateurs sont vifs et provoquent des règlements
de compte.
C'est dans ce contexte tourmenté que le gouvernement
provisoire de la République française (GPRF) de Charles de Gaulle
met en œuvre des réformes très importantes pour l'avenir du pays
:
| Sur le plan... |
Type de mesure prise |
| politique |
Le droit des vote est accordé aux femmes en 1944.
Un référendum
est organisé. Les Français doivent se prononcer sur le maintien
ou la suppression de la IIIème République. 96% des Français
sont favorables à une nouvelle Constitution.
Octobre 1945 : élection d'une Assemblée
constituante où les partis de gauche sont majoritaires. |
| économique |
Nationalisation
de certaines entreprises industrielles (charbon, gaz, électricité
: création des Charbonnages de France, d'EDF et de GDF) et de
certaines banques (Crédit Lyonnais, Société générale) pour procéder
à des réformes de structure.
Nationalisation des usines Renault pour sanctionner leur collaboration
économique pendant la guerre.
L'Etat organise la politique économique selon un plan de plusieurs
années. |
| social |
Création de la Sécurité
sociale en 1945
Création des comités d'entreprise |
Très vite, le désaccord s'installe entre Charles
de Gaulle, président du GPRF,
et la majorité de gauche de l'Assemblée constituante au sujet de
la future constitution. De Gaulle est favorable à une Constitution
où le pouvoir
exécutif l'emporte sur le pouvoir législatif. Au contraire,
les membres de l'Assemblée veulent que cette dernière soit la plus
forte.
En conséquence, Charles de Gaulle préfère démissionner
de la tête du GPRF en janvier 1946. Un nouveau gouvernement
provisoire se met en place : les différents ministères sont partagés
entre les membres des partis vainqueurs aux élections de 1945 :
PCF, SFIO, MRP. C'est pourquoi on parle alors de tripartisme.
La naissance de la nouvelle République est difficile
: en mai 1946, le premier projet de Constitution élaboré par l'Assemblée
constituante est rejeté par les Français. Il faut donc attendre
octobre 1946 pour que le second projet soit accepté par référendum,
sans grand enthousiasme (53% de oui seulement). La IVème
République est née.
Entre temps, lors d'un célèbre discours prononcé à
Bayeux (juin 1946), le général de Gaulle critique la Constitution
qui se profile à l'horizon : il reproche au projet de donner
trop de poids à l'Assemblée nationale, qui pourra si elle le
souhaite contrôler et renverser le chef du pouvoir exécutif. De
Gaulle voit dans ce projet un risque d'instabilité gouvernementale.
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