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L'image de la IVème
République est restée jusqu'à aujourd'hui mitigée. D'un côté,
la France connaît sous cette République un indéniable redressement
économique, grâce à l'aide américaine (plan
Marshall), à la croissance économique mondiale, mais aussi grâce
au baby-boom.
La consommation est à la hausse et les ménages modernisent leur
équipement. La construction européenne prend son essor avec la création
du Marché
commun (Traité de Rome, 1957).
Mais d'un autre côté, deux problèmes de plus en plus
lourds gênent le fonctionnement de la IVème République et conduisent
à sa
chute.
1°) l'instabilité politique
En 1947, le tripartisme (union entre le PCF, la SFIO
et le MRP qui se partagent le pouvoir) s'effondre. Les communistes quittent
le gouvernement et rejoignent les partisans de De Gaulle dans leur opposition
aux institutions et à la politique menée. La IVème République, ayant
contre elle deux groupes qui rassemblent 1/3 des sièges à l'Assemblée,
est condamnée à l'instabilité : le gouvernement le plus long reste
en place 16 mois (Guy Mollet), mais beaucoup ne durent que cinq mois,
un mois, six jours ou même un jour (Chrisitan Pineau) !
Dans ce contexte, il devient impossible de mener
une politique cohérente, malgré l'arrivée au pouvoir de personnalités
comme Antoine Pinay
ou Pierre
Mendès-France. La IVème République gagne en impopularité.
2°) la décolonisation
Favorisé par la Seconde Guerre mondiale, qui a
vu les puissances colonisatrices s'entre déchirer, le mouvement
de décolonisation
prend son essor. La
conférence de Bandoeng, en 1955, est pour les pays encore colonisés
le moment d'une prise de conscience de leur droit à l'indépendance.
Les pays européens sont plus réticents. De Gaulle,
en 1944, avait reconnu dans son
discours de Brazzaville la nécessité d'entreprendre des réformes
pour donner plus de droits aux colonisés. Mais ces propositions
n'ont pas le temps de se traduire dans les faits. Certes, la Constitution
de 1946 remplace l'Empire par l'Union
française, mais cela ne change pas grand-chose au sort des
peuples colonisés.
Cet immobilisme de la France favorise les premières
émeutes en faveur de l'indépendance,
à Sétif en Algérie en 1945, puis à Madagascar en 1947. Toutes
deux sont réprimées très brutalement. En
Indochine, c'est à une véritable guerre que doit se livrer la
France, contre le Viêt-minh
d'Hô Chi Minh qui a proclamé l'indépendance en 1945. La défaite
de Dien
Bien Phu en 1954 est un coup rude pour la France et ses militaires,
qui doivent abandonner la colonie asiatique.
En Afrique du Nord, si la Tunisie et le Maroc obtiennent
leur indépendance assez facilement en 1956, il n'en va pas de même
pour l'Algérie, peuplée d'un million d'Européens. Face à l'insurrection
lancée par le FLN en 1954, la France renforce ses effectifs militaires
et entre dans une
guerre longue et douloureuse. De part et d'autre, des actes
terribles sont commis - terrorisme et mutilations du côté du FLN,
recours à la torture et aux exécutions sommaires du côté français.
Cette guerre achève de diviser les Français et révèle
au grand jour l'impuissance de la IVème République à sortir de la crise.
Le 13 mai 1958, un nouveau gouvernement se met en place, dirigé par
Pierre Pflimlin. Ce dernier soulève la méfiance des Français d'Algérie,
car il est réputé favorable à l'indépendance de cette colonie. Les
Français d'Algérie se soulèvent, créent un Comité de salut public. Leurs
chefs, les généraux Massu et Salan, appellent au retour du général de
Gaulle au pouvoir.
Pflimlin préfère démissionner, tandis que le
Président de la République, René
Coty, fait officiellement appel au général
de Gaulle pour occuper le poste de Premier ministre. Ce dernier
accepte et est investi par l'Assemblée le 1er juin 1958. Il
sera le dernier président du Conseil de la IVème République puisque
l'un de ses premiers objectifs, en arrivant au pouvoir, est de doter
la France d'une nouvelle Constitution.
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