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Une nouvelle République
Revenu au pouvoir le 1er juin 1958, le général de
Gaulle forme un gouvernement dit " d'union nationale ", où tous
les partis sont représentés à l'exception du PCF. Le nouveau président
du Conseil décide de donner
rapidement une nouvelle Constitution à la France.
Le
texte en est rédigé au cours de l'été 1958 par une équipe
de juristes réunie autour de Michel Debré. Il s'inspire directement
des idées de De Gaulle en matière constitutionnelle, telles que
le Général les avait exprimées dans le
discours de Bayeux en 1946 : maintien
d'un régime parlementaire mais renforcement des pouvoirs du Président
de la République.
Malgré l'opposition du PCF et de quelques socialistes
(François Mitterrand notamment), 80 % des Français approuvent la nouvelle
Constitution lors du référendum du 28 septembre 1958 : la Ve République
est née.
Elle connaîtra une importante modification en 1962
: l'élection
du président de la République au suffrage universel direct.
Adoptée après un attentat qui a failli coûter la vie au Général,
cette réforme permet de donner une plus grande légitimité populaire
au président de la République.
Le premier septennat de Charles de Gaulle (1958-1965)
En décembre 1958, Charles de Gaulle est élu président
de la République. Il choisit pour Premier ministre Michel Debré puis,
en 1962, Georges Pompidou qui le restera jusqu'en 1968). La politique
mise en place s'appuie sur quelques axes forts :
1°) l'affermissement économique du pays.
Si la IVe République a connu une réelle croissance
économique dans le contexte des Trente
Glorieuses, elle a souffert d'une forte inflation.
En conséquence, le taux de change du franc pénalise les exportations
françaises (les produits français coûtent cher pour les autres pays
et ils se vendent donc moins bien) et encourage les importations
: le déficit du commerce extérieur s'accroît.
Charles de Gaulle décide de rétablir l'équilibre du
budget et celui du commerce. Une des premières mesures consiste à
dévaluer le franc de 17.55% en 1958 puis à créer le nouveau franc le
1er janvier 1960 (le nouveau franc vaut 100 francs anciens).
En maîtrisant les finances, l'Etat parvient à stimuler
l'économie et peut investir dans le domaine de la recherche scientifique.
Cette intervention de l'Etat permet d'entretenir la croissance : le chômage
reste limité et le pouvoir d'achat des Français augmente, même si des
inégalités persistent.
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Le nouveau franc
Le 1er janvier 1960, sous l'impulsion de De Gaulle, le ministre
des Finances Antoine
Pinay et l'économiste Jacques Rueff remplacent " l'ancien
franc " par le " nouveau franc ".
Quelle est la base de l'échange ?
1 nouveau franc = 100 anciens francs. Désormais, le litre d'essence
coûte 1 franc au lieu de coûter 100 francs, le kilo de pain passe
de 60 francs à 60 centimes.
Pourquoi cette mesure qui perturbe les habitudes quotidiennes
des Français ?
Il s'agit de renforcer le franc, affaibli par l'inflation
et les dépenses des guerres d'Indochine
et d'Algérie.
Il faut aussi, selon de Gaulle, rendre " au vieux franc français
une substance conforme au respect qui lui est dû ".
Quelle devient la position du franc par rapport aux autres monnaies
?
Le taux de 1 franc pour 1 Mark ou 1 franc suisse est presque atteint.
Comment s'est déroulé concrètement le changement de monnaie ?
Les Français ont pu changer leurs anciens francs contre des nouveaux
francs dans les banques. Les erreurs ont été peu nombreuses : le
1er janvier 1960, on relevait 60% d'erreur de libellé sur les mandats
(chèques), mais dès la semaine suivante seuls 20% des mandats étaient
encore rédigés en anciens francs.
Et 41 ans après, la réforme est-elle définitivement entrée dans
les mœurs ?
Oui, mais beaucoup de Français, notamment les plus âgés, comptent
encore en anciens francs.
Renseignements extraits de J. Marseille, " Du franc à l'euro
", L'Histoire n° 228, janvier 1999, pp. 56-66.
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2°) l'indépendance nationale.
A la fin des années 1950, la guerre
froide connaît un regain de tension : en 1961, les Soviétiques
font construire un mur pour séparer Berlin-Est et Berlin-Ouest et
éviter ainsi l'exode des Allemands qui vivent dans leur zone. En
1962, avec la crise de Cuba, les Etats-Unis et l'URSS sont au bord
de l'affrontement direct. La peur soulevée par cette perspective
amène les deux Grands à chercher l'apaisement. Une période de "
détente " commence.
Dans ce contexte, de Gaulle inaugure à partir de 1958
une nouvelle politique dite d'indépendance nationale : la France, tout
en soutenant le bloc occidental, rejette fermement la domination des Etats-Unis
et veut jouer son rôle de puissance à part entière. Pour cela, elle
met en place plusieurs moyens :
- la France doit assurer elle-même sa défense. Elle refuse de signer le
traité de 1963 sur l'arrêt des essais nucléaires dans l'atmosphère et
se dote de l'arme atomique. En 1966, de Gaulle retire la France de
l'OTAN (en réalité, la France reste membre de l'Alliance atlantique,
mais elle se retire du commandement militaire intégré de l'OTAN, où elle
estime avoir un poids de décision insuffisant).
- Charles de Gaulle multiplie les voyages dans le monde et cherche
à nouer des liens avec les pays du bloc de l'Est (URSS, Pologne…).
Il dénonce la politique américaine au Vietnam (discours
de Phnom Penh en 1966) et l'influence des Etats-Unis sur
le Canada francophone (" Vive le Québec libre ! ", crie-t-il
à Québec en 1967).
Bilan du premier septennat :
L'économie de la France et ses finances sont assainies,
les Français voient leurs revenus augmenter, le pays fait entendre
sa voix dans les relations internationales. Pourtant, une montée
des protestations se fait sentir : les partisans de l'OAS, opposés
à l'indépendance algérienne, multiplient les actions terroristes
sur le sol métropolitain ; les mineurs, restés à l'écart de la croissance,
organisent des grèves en 1963 ; les partis politiques français dénoncent
dans leur majorité le pouvoir personnel de De Gaulle.
C'est dans ce contexte un peu assombri que se prépare
l'élection présidentielle de 1965.
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