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Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France est une puissance
victorieuse mais amoindrie. L'Occupation, puis les difficultés
de la reconstruction ont fait du pays une puissance de seconde zone.
Les déchirements qui éclatent dans les colonies françaises sous
la IVe République (1946-1958) achèvent d'affaiblir la France sur
le plan international.
Avec
les débuts de la Ve République, la France reconquiert une certaine
influence dans le monde. Charles de Gaulle entend redonner son
rang à la France, grâce à une triple politique :
- une décolonisation
qui permette de maintenir les liens entre la France et les anciennes
colonies
- une poursuite de la construction européenne qui ne remette pas
en cause la souveraineté de la France
- une politique d'indépendance
nationale dans un monde séparé en deux blocs
La décolonisation
: Les conséquences de la Seconde Guerre La Seconde Guerre mondiale n'a apparemment pas modifié
les empires coloniaux. France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Portugal
etc. conservent d'immenses territoires en Afrique et en Asie. Pourtant,
des changements très importants sont en cours : les peuples colonisés
ont été les témoins de l'effondrement ou des déchirements des puissances
coloniales au cours de la guerre. Ils se sentent appuyés dans leur
volonté d'autonomie par les Etats-Unis, l'URSS et la jeune Organisation
des Nations-Unies (ONU) qui défend " le droit des peuples
à disposer d'eux-mêmes ".
La décolonisation commence en Asie
Dans ce contexte, les mouvements d'indépendance se développent
en Inde, en Afrique du Nord et dans l'Afrique britannique. Ils obtiennent
leurs premières victoires en Asie. Gandhi et Nehru, en Inde,
réussissent à obtenir de la Grande-Bretagne l'indépendance de leur
pays en 1947. Ailleurs, les choses ne se déroulent pas toujours
aussi simplement : face au refus des Pays-Bas et de la France d'accéder
à leur demande d'autonomie, les mouvements indépendantistes déclenchent
une lutte armée en Indonésie et en Indochine.
L'indépendance est proclamée dans le premier cas en 1949 et
dans le second cas en 1954, après une guerre de neuf années…
Le mouvement de décolonisation gagne peu à peu l'Afrique
La conférence de Bandoeng, en avril 1955, marque un trait
d'union entre deux continents qui luttent pour une même cause. Leaders
indépendantistes asiatiques et africains, représentants des pays du Tiers-Monde,
affirment leur volonté de rester ou de devenir indépendants.
L'Afrique du Nord s'engage alors dans le mouvement
pour l'indépendance : la Libye, colonie italienne, obtient pacifiquement
sa souveraineté en 1951, la Tunisie et le Maroc, protectorats français,
en 1956. Mais la France refuse d'accorder son indépendance à l'Algérie,
un de ses plus anciens territoires, où vit 1 million d'Européens.
Les indépendantistes regroupés dans le Front de Libération nationale
(FLN) déclenchent la guerre à la Toussaint 1954. Cette guerre causera
la
chute de la IVe République.
En Afrique noire, la décolonisation est plus lente. La
France tente de maintenir sa présence en améliorant les droits politiques
des colonisés (vote de la
loi-cadre Deferre). Les indépendances n'interviendront que sous
la Ve République.
L'achèvement des décolonisations
La guerre
d'Algérie entraîne l'effondrement de la IVe République, impuissante
à trouver une issue à la crise. Le général de Gaulle arrive au
pouvoir en mai 1958 sous la pression des français favorables au
maintien de l'Algérie française. Pourtant, il comprend rapidement
que la France ne pourra retrouver son rang de puissance qu'en réglant
une fois pour toutes le problème des indépendances. Le nouveau président
de la République mène donc à bien la décolonisation de l'Algérie.
L'indépendance de ce pays, conclue en 1962, est née dans la douleur
(27 500 militaires français et 400 000 Algériens ont été tués, les
pieds-noirs et les harkis vivent un véritable drame).
En Afrique noire française, les indépendances sont
acquises de manière pacifique. La Constitution de 1958 prévoit
la création d'une " Communauté française " à laquelle les colonies
sont libres ou non d'adhérer. Si elles refusent de s'y joindre,
elles obtiennent automatiquement leur indépendance (c'est le cas
de la Guinée dès 1958). Par ce moyen, toutes les colonies françaises
d'Afrique noire deviennent souveraines en 1960.
La même année, de manière moins tranquille, la Belgique
accorde l'indépendance à son immense colonie du Congo. En revanche, il
faudra attendre 1975 pour que le Portugal accorde ce droit au Mozambique
et à l'Angola, après une double guerre qui a épuisé le pays et amené au
renversement du dictateur portugais Salazar en 1974.
La France et le Tiers-monde (1958-1969)
En accordant l'indépendance aux dernières colonies
françaises, la France du général de Gaulle peut rétablir le dialogue
avec le Tiers-monde.
De son passé colonial, la France conserve en effet une présence
privilégiée dans de nombreux pays avec lesquels elle préserve de
bonnes relations. Cette présence française est entretenue sur plusieurs
plans :
- sur le plan culturel : une grande partie de l'Afrique noire
et quelques pays d'Asie ont gardé le Français pour langue officielle.
- sur le plan économique et financier : Charles de Gaulle
et Georges Pompidou développent la coopération économique et financière,
avec notamment la création de la Communauté financière africaine
(CFA) et des accords commerciaux.
- sur le plan militaire : formation et équipement des armées
des pays nouvellement indépendants, présence militaire française.
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