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Discours de Bayeux, 16 juin
1946
Invité par la municipalité
de Bayeux pour le deuxième anniversaire de la libération
de la ville, de Gaulle prononce un grand discours sur la future
Constitution de la France :
" L'unité, la cohésion, la
discipline intérieure du gouvernement de la France doivent
être des choses sacrées, sous peine de voir rapidement
la direction même du pays impuissante et disqualifiée.
Or, comment cette unité, cette cohésion, cette discipline,
seraient-elles maintenues à la longue si le pouvoir exécutif
émanait de l'autre pouvoir auquel il doit faire équilibre
(...) ? C'est donc du chef de l'Etat, placé au-dessus des
partis, (...) que doit procéder le pouvoir exécutif.
Au chef de l'Etat la charge d'accorder l'intérêt général
quant au choix des hommes avec l'orientation qui se dégage
du Parlement (...). A lui l'attribution de servir d'arbitre au-dessus
des contingences politiques (...). Soyons assez lucides et assez
forts pour nous donner et pour observer des règles de vie
nationale qui tendent à nous rassembler quand, sans relâche,
nous sommes portés à nous diviser contre nous-mêmes
! "
Charles de Gaulle, Discours
et messages, Berger-Levrault, 1946, et Plon, 1970.
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Questions :
1 - Quelle est la nature du texte ? Présentez
son auteur et le contexte de la rédaction.
2 - Que redoute l'auteur dans sa première phrase
? La suite des événements lui a-t-elle donné raison
?
3 - Quel est cet " autre pouvoir " dont
parle l'auteur ? Que dénonce-t-il ?
4 - Qui doit, selon l'auteur, jouer le premier rôle
dans la direction du pays ? Pourquoi ?
Eléments de réponse :
1 - Ce texte est un discours prononcé en juin
1946 par le général de Gaulle, l'ancien chef de la France
libre au cours de la Seconde Guerre, devenu chef du Gouvernement provisoire
de la République française. Le général de
Gaulle a quitté volontairement en janvier 1946 la place qu'il occupait
à la tête du gouvernement provisoire de la République
française. Il était en désaccord avec les partis.
2 - Il redoute que le gouvernement de la France manque
d'unité et que son action soit, par conséquent, affaiblie.
L'histoire de la IVe République lui donne raison : les gouvernements
successifs sont souvent impuissants et sont très vite renversés.
L'instabilité ministérielle est grande.
3 - L'autre pouvoir dont parle Charles de Gaulle est
le pouvoir législatif. Il dénonce le fait que le pouvoir
exécutif - notamment le gouvernement - puisse émaner du
pouvoir législatif (Assemblée nationale).
4 - Pour répondre à cette
question, reporte-toi à la fiche "notion importante"
intitulée "La Ve République".
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